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1 / L'archipel de l'oubli

L'archipel de l'oubli.

 Entre le cri et le silence.

Oublié des cartes, oublié des hommes.

 Oubliée aussi la raison nourricière ou ce qui a pu susciter l'envie chez moi d'aller traîner nos pieds dans l'archipel de Tun Sakaran. Est-ce le souvenir télévisuel lointain mais marquant d'un reportage ou tout simplement l'absence notoire de retours sur ce coin du globe…

A quoi bon chercher? l'inutile disparaît, reste l'important : partir.

 Ce carnet n'a la prétention de rien et je vais tenter de rester le plus descriptif possible, tant les émotions ont été nombreuses. Tout voyage reste forcément subjectif.

Le notre s'est construit simplement, au gré de nos envies et de nos peurs. Mais ne pas sortir de ses peurs c'est se priver de libertés et du sentiment de vouloir ce qu'il y' a de plus beau pour ses enfants.

Sans prétention, sans l'ombre d'une édition, sans aucune information. Nous sommes allés dans le sud du Bornéo malais et dans le Kalimantan.( Indonésie)

Jeudi et Vendredi 4 Août 2006.

Madame Chang, reste surprise quant à mon souhait de nous rendre sur ces îles. C'est une spécialité ne figurant pas au menu de sa carte. Sceptique mais convaincue par mes saines intentions elle nous arrange un bateau de pêcheur.

Plus confortable que celui que nous avions négocié et obtenu pour Pulau Mantanani le bateau épouse la modeste jetée de Semporna à 8 heures. Le vent de l'aventure se situe à quelques milles marins des premières rotations d'hélices, mais la fée du voyage ne tarde pas à nous fouetter le visage. Chanceux, elle est encore présente aujourd'hui.

 Nous approchons de Pulau Boheydulong, île géologiquement tourmentée, après une cinquantaine de minutes à survoler les eaux émeraude et cristallines.

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En arc de cercle, dentelée, verte, aérienne sur ses extérieurs, l'île est divine et sauvage. Les îles, oui, elles sont deux. Séparées par un mince chenal, un arbre perdu observe notre lente progression.

Têtes en l'air, nous consommons des yeux les falaises de la plus grande. Lorsque des teintes, jusque là non observées, viennent nous titiller le bas des pupilles. Epousant le galbe de l'île, un village se cache.

Kampung Ketam. Complètement hallucinant.

Les huttes, couvertes de palmes jaunies, sont individuellement clairsemées sur le lagon. Sublime. Il ne manque que la colle ou la salive pour le timbre.

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 La quiétude des lieux est brisée par le doux ronronnement de notre embarcation. Les curieux sortent des abris de fortune pour nous offrir ce qu'ils ont de plus beau, la lumière de leur regard. Je suis scié. Tout s'arrête.

On s'observe, on se sourit.

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Le contact est chaleureux mais il en restera là. Je me retourne pour vivre cet instant dans le regard de mes enfants, bouches bées.

Toute cette beauté n'aurait pas la même saveur si ce village ne partageait pas les lieux, et cet instant n'aurait pas le même impact émotionnel si j'étais seul.

Joyeux dans mon cœur je suis.

C'est les têtes retournées que quittons Pulau Ketam comme si l'on souhaitait absorber jusqu'à la dernière seconde ces images incroyables.

Je ferme les yeux. Je la revoie.

Euphoriques nous nous envolons vers d'autres cieux, d'autres îles. L'archipel est constitué d'un nombre important d'îles dont je serais incapable de fournir une estimation quantitative. Pulau Maïga, Sibuan, Sangakap et Mantabuan ont toutes un point commun, au delà du cadre extraordinaire.

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  Leur pudeur et la douleur. Oui.

 Leur pudeur face à leur difficulté quotidienne : manger.

Vivre sur ces îles somptueuses n'a rien de paradisiaque. Les questions d'usage ne me viennent pas à l'esprit tant la misère et l'oubli sont leur vie. Je me surprends une larme au coin de l'oeil. Ils sont philippins, clandestins et n'existent que pour eux mêmes. La précarité des villages pare toutes ces îles de rutilants adjectifs.

 L'archipel de Tun Sakaran est un endroit tristement beau.

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© 2007 YannSenant Droits réservés.