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Louxor, ville de la tentation.

 

Depuis que nous avons quitté le plateau accidenté et la chaine de montagnes volcaniques bordant la Mer Rouge, un nouvel horizon s’offre à nous. Un paysage dénudé.

 Le regard cherche un frais bosquet, un arbuste où reposer la vue ; mais c’est le leurre des mirages.

La chaude atmosphère sature l’habitacle de la voiture, cuit nos visages et inonde de sueur nos vêtements trop pesants.

Nous roulons. Une heure encore avant de voir cette terre ondulante.  Une danseuse semblable à un mince fil vert  tendu sur le jaune vide et désolé du désert.

-          C’est le Nil, les enfants.

-          On peut aller se baigner dedans ? me demande Morgann.

Quarante bornes avalées, le désert de sable cesse. Faisant place à des arbres, des cultures et des villages.  

Ce berceau, qui nourrit encore aujourd’hui tous les manuels d’histoire,  est une succession de jardins descendant en pente douce vers  son lit.  Je me mets à croire à l’enchantement d’une terre promise, il me semble d’ailleurs respirer l’odeur enivrante des orangers.

Une grande paix descend du ciel aux innombrables palmeraies…

Nos regards sont béats et nos bouches  béantes, ébaubis par la beauté du Nil et la chaleur en Haute Egypte.

Nous arrivons sur  Louxor lorsque le soleil est à son zénith. 

Le véhicule longe la corniche, passe devant le temple de Louxor .Grandiose.  Je n’imaginais pas une telle excitation à la vue de cet édifice.

 

Le chauffeur  bifurque sur la gauche et nous dépose devant le petit hôtel que nous lui avons indiqué. Un peu vieillot, mais merveilleusement bien placé.

Nous entrons dans le hall, puis rejoignons la réception.  Cool, il n’y a pas foule.

Je m’adresse à une jeune femme et lui demande si l’établissement à une chambre de libre.

Chou blanc. Tout est complet.

Je suis surpris du remplissage des chambres, compte tenu du standing peu élégant de l’étape.  Peu nous importe, la ville compte plusieurs hôtels de catégorie moyenne.

Nous sortons de l’hôtel, un homme nous accoste et s’adresse en anglais dans la même foulée.

-          Vous cherchez un hôtel ?

Bien vu….Comment pouvions nous passer inaperçu avec quatre gros sacs sur le dos.

-          Oui.

-          Je peux vous aider  car il est difficile d’en trouver un en cette période..

-          Pourtant c’est la saison basse. Je lui rétorque.

-          Bien sûr mon ami, mais depuis que votre président de la république et Carla sont venus, Louxor vit une période d’affluence record ! Si importante que le taux de remplissage des hôtels atteint des sommets depuis début Janvier 2008. Il existe même un Sarkozy tour, wallah ! Je peux vous l’organiser si vous souhaitez emprunter les pas de Mr Sarkozy, mais ne tardez pas trop car les réservations sont prises d’assaut. Par ailleurs, les seules chambres libres de la ville sont à l’Old Winter, le même hôtel où est descendu  votre président.

Sic…je n’avais rien prévu de cela.  A l’accoutumée, je ne suis pas un avaleur de couleuvres et il m’est difficile de croire une minute aux propos tenus, mais le bon samaritain semble si candide et spontané que nous acceptons son aide.

-          J’ai ma voiture à deux pas d’ici, patientez quelques minutes et j’arrive.

Une vieille Peugeot 504 blanche pointe le bout de sa calandre, ralentit puis stoppe sa course branlante devant nous.  

Soucieux, je questionne le gars :

-          Il est loin le Cold winter ?

-          Le Old winter mon ami, vieux hiver…me traduit il le sourire aux lèvres.

La carriole rebrousse à l’identique le parcours que nous avions pris en arrivant sur la ville ; roule de courtes minutes avant de nous déposer devant un palace en bord du Nil.

Le palais d’hiver ; le Old Winter palace.

 Le bâtiment est dandy, les jardins bichonnés ; la façade date du dix neuvième siècle, oeuvrée dans le style victorien. L’hôtel a un charme certain.

Notre carrosse et notre allure dépareillent tant au pied de ce somptueux havre de luxe. Comme pour l’élite des familles royales, et les plus grands noms; nous faisons l’objet de toutes les attentions.

La porte passagère s’ouvre en grinçant à mes oreilles un air sinistre.

- Welcome Sir.

S’ensuit alors un défilé de bagagistes, d’amabilités de service, de servilités  et de courbettes endimanchées.

Natures ; nous gravissons les marches du tapis rouge en bermuda sponsorisés par « Décathlon ».

Afin de paraître moins verrues dans un cadre belle époque, nous imitons les postures et bonnes manières des milords que nous croisons.

Bouche en cul de poule, balancement des bras sans fléchir les coudes,  bermuda (à défaut d’un tweed) monté jusqu’aux adducteurs en moule biloute, nous montons les marches.

Nous sommes tant habiles à l’œuvre que  nous devenons inapparents malgré notre vêture peu appropriée.

Le chauffeur emboîte nos pas et finit par les devancer à l’approche de la réception. Il nous négocie une chambre.  

-          C’est bon, je suis parvenu à vous trouver une chambre. Une très belle chambre avec la vue sur le Nil.

-          Vous savez, nous ne sommes pas très fortunés et je ne sais pas…

Stricto sensu, le gars me coupe la parole.

-          Vous êtes en Egypte, souriez ! Souris Monsieur, souris Madame…Combien de nuits ? Six, sept ?

-          Holà ! tout doux. Non, juste trois.

Juste trois. Pauvre fou….. Porqua miseria…

 Les sourires sont envolés, tout comme les mille euros que la réception vient de débiter sur notre carte bleue….

Figurément et proprement parlant, nous partons à la découverte de Louxor  plus légers.

Les ventres sont creux, mais nous sommes attirés par le temple de la ville comme une aiguille vers son pôle.  Nous  souhaitons en premier lieu rassasier nos yeux. L’hôtel est à deux pas, il ne nous faut pas once de temps pour rejoindre à pied le temple d’Amon.

L’ensemble, aux proportions olympiennes mais harmonieuses, enferme en son sein une colonnade haute d’une quinzaine de mètres…Trop loin pour apprécier les colosses de Ramsès II, nous contournons le temple par sa droite ; peut être les verrons nous davantage depuis la place de Sharia el Souk.

 

-           Calèche, calèche… ? nous propose un ancien en galabiah.

-          Non, nous marchons et cherchons un coin pour manger.

-          Je connais, je sais où vous mener. Montez ce n’est pas cher.

 

Le caléchier insiste encore un peu. Nous résistons. Nous montons.

-          Aujourd’hui grand marché Egyptien. Seulement aujourd’hui ! Papyrus,…VRAI  papyrus ! statues Ramsès, Osiris…

-          Nous souhaitons juste manger.

-          Souris Monsieur, tu es en Egypte !

Tiens, j’ai déjà entendu cette réplique. Le souvenir de celle-ci raisonne en moi comme un signe annonciateur. Celui de l’entourloupette.

 Le cheval qui tire l’attelage est très émacié. Toute l'épine dorsale, les côtes, les pointes des hanches, et le haut de la queue sont très saillants. L'encolure est creuse. Les os des épaules et du garrot sont facilement apparents. Et puisque son état corporel ne suffit pas à sa peine, il conduit quatre occidentaux mafflus se remplir la panse. Nous sommes tristes d’assister à ce pitoyable spectacle. Mais espérons que les quelques livres que nous laisserons au caléchier, rempliront l’auge de cette pauvre bête.

 

-          Nous y voilà…je vous attendrai ici.

-          Mais ce n’est pas un restaurant ni un baladi ! lui fais-je remarquer.

-          Marché d’abord, le manger après…

Nous sommes déposés au pied d'une  devanture. Le caléchier nous guide jusqu’ à son entrée. L’impression première est surtout un effet de couleurs. C'est comme un grand panneau de pierre sur lequel un artiste aurait peint des décorations. L'architecte a voulu éviter la pâleur froide des magasins monochromes, et cherché la coloration par la variété des matériaux gardant leurs nuances naturelles. Jolie vitrine.

Nous nous apprêtons à entrer dans la caverne des papyrus.

Le caléchier signe un registre à la caisse du commerce et ressort de celui-ci en nous souhaitant bonne visite et surtout bonnes dépenses…la commission n’en sera que plus rondelette.

Un jeune homme nous accueille dans un français impeccable.

-          Soyez les bienvenus ! Savez-vous comment les Egyptiens fabriquaient le papyrus ? Désirez-vous un soda ou un karkadé frais (Thé à l’hibiscus) ?

Entrés avec la sensation de s’être fait enjôlé  et l’ultime conviction de sortir d’ici les mains vides, nous n’osons plus rembarrer le boutiquier. Ses apports théoriques et ses démonstrations techniques sont intéressants ; et les réponses à ma curiosité, nourrissantes.

-          Maintenant que vous savez faire la différence entre un authentique et  faux papyrus ; profitez de notre magnifique exposition vente et admirez le travail des artistes peintres.

C’est vrai. Rien à redire. Les faisceaux de lumière dont on voit d’abord la trace élégante sur un mur noir dans une pièce assez sombre, dessinent et  soulignent harmonieusement  les  figures peintes sur les  papyrus.

-          Celui-ci représente le jugement dernier, on l’appelle  aussi le tribunal d’Osiris. C’est le préféré de Carla Sarkozy, vous connaissez n’est ce pas ? me dit-il sans sourciller.

-          Euh ?! oui…pourquoi le couple présidentiel est venu dans cette boutique aussi ?

-          Oui en début d’année !

L’histoire devient tout simplement incroyable.  Purement invraisemblable.

-          Ils nous en ont acheté plus d’une soixantaine d’exemplaires.

Je reste sans voix. Soixante papyrus….ça laisse pensif. Ils doivent nous retapisser l’Elysée…

      -     Votre président a même souhaité en  personnaliser  certains.

Il se dirige vers le fonds de la salle et pointe l’index ;

-          Regardez celui là. Le tout dernier en haut, représentant  le temple d’Abu Simbel.

-          C’est vrai qu’il est réussi. Pense tout haut Loïck.

-          Mr Sarkozy a souhaité que nous remplacions sur le dessin les quatre statues de Ramsès II par son profil. Il nous est possible de faire la même chose pour vous.

Je marque un blanc.

 Où sont les caméras ? Les figurants ? Ossam Beliveau va sortir d’une cachette avec sa pancarte surprise surprise, c’est certain…

Mais rien ne se passe.

Me vient alors un  fou rire, si babillard que le vendeur semble mal à l’aise. Flutte,  il est sérieux.  Ce n’est pas non plus un argument commercial.

L’œil rieur, la larme abondante je me confonds en excuses et le rassure qu’il n’est pour rien dans cette gausserie.

C’est tellement énorme ; personne ne me croira lorsque je vais le raconter sur mon carnet. Les potes vont être sciés.

Nous poursuivons la visite et en achetons  cinq, histoire de se racheter.

Nous sortons. La calèche est là.

-          Faites un tour dans le souk maintenant !

-          Non. Nous voulons manger. Lui dis-je fermement.

-          Suivez-moi…

D’un pas décidé, limite agacé, le caléchier fonce droit dans le souk…

Restés à l’entrée, nous le laissons courir seul. Il parcourt cinquante mètres, stoppe sa course et s’agite comme un flic à son carrefour.

-          Là, là, ici  et là…partout le manger ! Venez !

Ces Egyptiens ne sont pas possibles. Ils vous collent au train en permanence. Atteints de la maladie de ceux qui ne savent pas dire non, nous lui disons pathologiquement oui.

-          Que désirez-vous manger ?

-          Egyptien.

-          Ok pas de problème, je vous fais un mezze des spécialités du pays.

Les enfants font la moue et craignent le pire. Isa aussi.

Ils auraient préféré la cantine à touriste juste à côté. Faut dire que côté hygiène, je n’ai pas choisi le top. Des mouches grosses comme mon pouce copulent sur la viande ;  les rats grignotent en cuisine ; et le cuistot, cigarette au bec, dégouline sur les fitirs  (Sorte de pizza avec de la feuille de briks). 

Vingt minutes passent. Quatre cortèges de touristes aussi.

-          Enjoy your lunch !  Nous encourage le serveur.

Des plats sont posés sur toute la table. De quoi rassasier un régiment. Non loin, le caléchier  me nomme chaque plat.

-          Ce plat c’est le foul,  ici la tahina,  le houmous, la fitir, le kochery….

A l’œil tout semble assez spécial et peu recommandable pour les estomacs fragiles. Je fais l’impasse sur la fitir au thon, arrosé d’un jus de front ; et tente en premier la Mouloukhya.

Mouais…peu ragoûtant ces trucs verts et marrons qui flottent ; la texture semble gluante, dans le genre mucus nasal.  Je saisis un bout de khobz baladi tari (pain) et le trempe dans cette soupe avant de le porter timidement à ma bouche.  Soupe à la grimace…

-          Pouah ! C’est spé…

M’enfile rapidement un verre d’eau pour oublier l’agression gustative, et  lorgne sur le plat attenant.

La fetta. Avec deux « T » oui, car il ne s’agit pas de fromage grec.    Là encore c’est particulier, surtout par cette chaleur. Imaginez-vous un ragoût de mouton dans lequel vous remplacez les carottes, le thym, les oignons et les navets par du pain.  Un matelas de mie de pain, gorgé du bouillon de la viande. Certes c’est bourratif, mais vomitique aussi. Point par le goût insidieux des arômes, je viens tout simplement, ou malheureusement de voir l’état des ongles des mains qui ont émietté le pain. Le cuistot est un éleveur, un encaveur de micro-organismes.

Morgann qui n’a rien raté du façonnage amibifère, me fait remarquer que les touristes dans la cantoche voisine ont les babines léchées.

-          Mais goûtes y au moins ! Lui dis je.

-          Dis moi carrément de téter les doigts du cuisinier. En plus regarde ce chien, il est plein de puces, steu plait…

-          Bon ok, on s’en va.

J’hèle le serveur et lui demande notre dû. Il jette un œil sur ce que nous avons sur la table et me présente un bout de papier. Trois cent livres Egyptiennes (40 euros) !!  L’addition Egyptienne, elle, est relevée…nous sommes une fois de plus le dindon de la farce.

Louxor commence à être un purgatoire luxueux…

Il fait chaud. Très chaud. Pas moins de 43 degrés. Nous décidons de marcher jusque la Corniche pour admirer le Nil. Nous trouverons peut être un arbre ou un coin d’ombre.

Nous traversons une petite rue au nord du temple et percevons, au loin, les voiles voguant sur le Nil.

 

 

 

Le cadre est vraiment chouette. Relaxant.

-          Regarde Papa, on peut descendre par là. M’indique mon fiston.

Nous empruntons les marches menant sur la berge, et trouvons un banc sous l’ombre d’un palmier.

De plus le quai ménage nos tympans et une intimité sans pareil ;  terminé les klaxons et les sollicitations incessantes des caléchiers. Nous jouissons uniquement des sons du Nil.  Des voiles se gonflant d’air et de l’écoulement doux du fleuve. Nous entendons l’eau. Ecoutons  la nature, et oublions le stress du quotidien. Le temps est à la relaxation…

-          Felucca, felucca ?

La magie du paysage est une fois de plus brisée par l’artifice.

-          Non pas maintenant. Nous souhaitons rester tranquille là, à admirer le Nil.

-          Quand la felouque ?

-          On ne sait pas encore. Demain peut être.

-          Ce soir c’est mieux, il y’a du vent. Tomorrow no wind, maybe.

-          Juste pour le coucher de soleil alors ?

A peine acquiescé, les voiles sont montées et déployées dans les minutes suivantes.  Le capitaine est un homme d’âge mûr, vêtu de la galabiah bleue traditionnelle. Les traits sont doux et le regard paternel. Il m’est sympathique. Je le questionne.

-  Il n’est que seize heures et le coucher de soleil n’est pas avant deux ou trois heures ; si on emprunte le Nil vers le Nord, existe- il des îles ou îlots  habitées ?

- Pas loin au sud il y’a l’île aux bananes, mais au nord il n’ y a seulement que des temples. Dendera, Abydos…

-  L’île aux bananes ? C’est un piège à touristes non ? Notre préférence va pour un coucher de soleil sur les temples, c’est possible d’ y aller ?

- Bien sûr ! Je vous amène au Caire si vous voulez !!

Au gré de l’eau et du vent, nous remontons vers Dendera.

Le fleuve n’a de cesse de taquiner le désert, où dunes et falaises calcaires alternent parfois avec jardins et palmeraies.

Mais les scènes du pays sont sur les lèvres du Nil.

 Les fellahs sortent des  villages de briques rouges, outil sur l’épaule. Des enfants, couleur limon, sautent des cailloux hirsutes de cannes à pêches, des pêcheurs disparaissent sous leur faix  de nasses en osier, des ballets d’Ibis défilent sous nos yeux comme des images d’archives.

         

La vogue sur le Nil nous offre un visage différent ; des paysages d’une autre Egypte.

     -      De quelle origine êtes vous ?

-          Nous sommes Français.

-          Je pensais que vous étiez japonais.

Comme le chien, je marque l’arrêt. Mais ne flaire rien. Le felouquier pointe alors l’index vers mon reflex. L’Egyptien est chambreur et je le comprends.

Je suis étonné aussi parfois des sujets photographiques que les Japonais choisissent par chez nous.  En pointant les voiles de son embarcation, il trouve également le sujet incongru.

-          Si vous êtes Français, vous n’êtes pas sans savoir que votre président  a fait un présent à notre président Moubarak.

Encore lui. C’est incroyable. Pas suffisant de bouffer du Nicolas dans tous les médias français, il faut encore qu’il traque ses cons citoyens  en voyage.

-          Non, non je ne suis au courant de rien.

-          Cela ne fait seulement quelques mois que le monument est arrivé en terre Egyptienne. Les statues sont arrivées en Mai sur le site d’Abydos.  Vous souhaitez les voir ?

-          Des statues ? Tu as pris connaissance de cela Isabelle ?

-          Non, mais cela me rend assez curieuse de voir ce qu’il a offert avec l’argent des cons tribuables.

Le felouquier rajoute

-          Notre quotidien Akhbar Elyom expliquait que votre président est un épris d’histoire, et plus particulièrement sur  la gouverne de Méhémet Ali, le fondateur de l’Egypte moderne. Il est d’ailleurs à l’origine de l’offre à Charles X , de l’ Obélisque qui trône sur votre place de la Concorde à Paris.

-          Abydos c’est beaucoup plus loin que Denderah, non ?

-          Oui il faudra passer la nuit sur le bateau. Ce n’est pas cher mon ami.

-          Mouais… avec les mille euros du Old Winter, je ne suis pas certain. Allons y …

 

Tombés comme des plumes, nous nous levons comme des masses. Dormir à même le pont, sur des matelas peu généreux vous fait prendre dix ans en une seule nuit.

-          Nous arrivons. M’indique le felouquier, resté à la barre toute la nuit.

Nous accostons un quai. Et au petit bonheur nous nous engageons dans des dédales de ruelles, flanquées de maisons en torchis. Les palissages défilent, nous passons de modestes ponts de terre, croisons des porteuses d’eau, de foin….avant d’aboutir au pied du temple d’Abydos.

    

 

Nous nous acquittons du droit d’entrée, et pressons le pas jusqu’ au cadeau de la France aux Egyptiens.

 

 

 

Faux. Tout est faux. Heureusement.

Pas de papyrus, pas de repas à 40 euros, pas de felouque jusqu’ à Abydos et encore moins de Old Winter.

 Ce carnet est une entourloupette. Mon arnaque Egyptienne au lecteur !

Il s’est bien entendu nourrit des instants que l’on a vécu dans ce joli pays, et je ne souhaitai pas écrire un carnet comme on en lit des tonnes. Coléreux, négatifs, bougonnants, aigris et j’en passe.

C’est vrai les sollicitations sur Louxor sont parfois oppressantes pour le voyageur, mais il faut les appréhender avec l’humour.  N’oublions pas que ces assauts et quémandages font avant tout, vivre des enfants, des femmes et des hommes.

Seules exactitudes de ce carnet : la sublime et la beauté du Nil,  et le bellissime des temples Egyptiens.